Des inspecteurs canadiens aident à rapatrier les members d’équipage birmans pris à bord

septembre 23, 2020

 

Au terme de 16 mois passés à bord du MV Lake Erie en pleine pandémie, neuf membres d’équipage birmans ont enfin pu rentrer chez eux.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

MONTRÉAL, Québec – Le 23 septembre 2020 – La crise des changements d’équipage présentement en cours qui touche les marins du monde entier témoigne d’une crise humanitaire à laquelle des organisations comme la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), l’Organisation maritime internationale (OMI) et les Nations unies tentent de mettre un terme. Les marins sont contraints par les compagnies à prolonger leurs contrats en raison de la pandémie de la COVID-19, qui voit certains équipages pris à bord de leurs navires et contraints de travailler jusqu’à 17 mois d’affilée.

Récemment, les inspecteurs de l’ITF au Canada, Vince Giannopoulos (Syndicat international des marins canadiens) et Karl Risser (Unifor), ont pu assurer le rapatriement de neuf marins birmans qui avaient été contraints de prolonger leur contrat à bord du MV Lake Erie pour une période de 16 mois. Compte tenu de nombreux facteurs, dont une situation complexe dans leur pays d’origine, le Myanmar, où les aéroports ont été fermés aux vols commerciaux, ils se sont vu refuser à plusieurs reprises leur rapatriement dans le monde entier, et n’ont pas été à terre depuis février. Les membres de l’équipage se sont vus refuser à deux reprises le droit d’être rapatriés en Turquie, en Norvège, à Gibraltar et au Royaume-Uni, et on leur a ensuite promis que s’ils se rendaient à Montréal, ils pourraient quitter le navire à leur arrivée au Canada.

“Ce que ces membres de l’équipage ont vécu à bord pendant tout ce temps est la même chose que ce que de nombreux équipages du monde entier vivent aujourd’hui en raison de la pandémie. Les entreprises profitent de la situation et mettent les travailleurs dans une position injuste et inhumaine. Ce n’est pas une façon de vivre,” a déclaré M. Giannopoulos.

Lors du départ pour Montréal en août, la compagnie a affirmé que les membres de l’équipage devaient encore prolonger leurs contrats pour éviter des problèmes avec les douanes américaines, même si une telle prolongation n’était pas nécessaire. La compagnie a alors dit aux membres de l’équipage de se rendre à Ashtabula et Burns Harbor avant de revenir à Montréal. Pendant près de deux semaines, le navire a souffert de graves pénuries alimentaires, le capitaine du navire refusant de commander des provisions dans les ports américains parce qu’il prétendait que la nourriture était trop dispendieuse.

L’équipage s’étant à nouveau fait dire que le navire devait poursuivre sa route vers le port de Barcelone avant de pouvoir débarquer, l’inspecteur de l’ITF Vince Giannopoulos et des fonctionnaires de Transports Canada sont montés à bord du navire à Montréal et ont constaté de multiples problèmes, ce qui a mené à l’évacuation de des membres de l’équipage. Les membres de l’équipage ont finalement été libérés après 16 mois en mer et seront rapatriés au Myanmar après un autre long voyage de retour.

“Je suis ravi que nous ayons pu aider ces gars à quitter le navire, leur verser leur salaire et mettre fin à leur cauchemar qui durait depuis 16 mois. Malheureusement, cette même situation se poursuit pour de nombreux équipages en ce moment. Il faut que quelque chose soit fait, soit par le gouvernement, soit par les organismes internationaux de réglementation, pour mettre fin à cette pratique injuste. Il s’agit d’une crise humanitaire mondiale, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.”

 

À propos du SIMC: Le Syndicat international des marins canadiens (SIMC) est affilié au Seafarers’ International Union of North America, qui dessert les marins non brevetés depuis 1938. Depuis 1954, le SIMC représente les marins qui travaillent à bord de navires sur les Grands Lacs, le fleuve Saint-Laurent, la Côte Est et la Côte Ouest. Les membres du SIMC ont la réputation d’être parmi les marins les mieux formés et les plus qualifiés du monde. Le SIMC représente des milliers de marins canadiens qualifiés à travers le Canada.

 

###